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Solidaires des Pussy Riot

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  • by axelle

La condamnation des Pussy Riot, Nadejda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch et Maria Alekhina à deux ans de camp par le tribunal de Moscou est tout simplement révoltante. Elles ont voulu frapper, disent-elles, un grand coup face à un pouvoir qui, après des élections considérées comme frauduleuses par l’OSCE et de plus vivement contestées par une partie de la société civile, s’enfonce dans la répression. Faire bouger les consciences en s’exprimant de façon pacifique et bon enfant – une chanson anti-Poutine dans la cathédrale du Christ-Sauveur le 21 février à Moscou – n’est-ce pas le B.A. B.A de la démocratie ? Sans doute.

 

Les Pussy Riot ont donc payé le prix fort pour une effronterie tout à fait salutaire dans un pays aussi verrouillé que la Russie. Les deux autres membres du groupe qui n’ont pas été identifiés, sont actuellement recherchés ainsi que leur soutien potentiel. Ciblés les Femen Gari Kasparov, lequel vient d’être faussement accusé lors d’une manifestation de soutien d’avoir « mordu » la main d’un policier (sic !)…et d’autres.

 

La « justice » russe – car à l’évidence le jugement a été télécommandé par le pouvoir politique – a assimilé cette provocation à un acte criminel ! Les Pussy Riot sont coupables d’avoir « violé l’ordre public » et « offensé les sentiments des croyants ». La juge a aussi mis en avant leur « haine de la religion ». Pas moins que cela ! La Russie serait-elle devenue un État religieux ? Et l’Église orthodoxe, dont la miséricorde est pourtant la vocation, n’a-t-elle rien à dire face à ce jugement invraisemblable ?

 

Ces trois très jeunes femmes, au courage il faut le dire admirable, sont en réalité coupables d’avoir usé de leur liberté d’expression contre un pouvoir qui a renforcé le contrôle de la société civile pour faire taire un mouvement de  protestation qui s’amplifie à son égard.

 

Les avocats de la défense n’ont d’ailleurs pas hésité à rappeler les pires heures de l’ère stalinienne; on envoyait alors dans les camps au terme d’un simulacre de procès aussi expéditif qu’arbitraire.

 

Ce jugement bafoue les valeurs européennes d’État de droit et de démocratie que la Russie s’est engagée à respecter en tant que signataire de la Convention européenne des droits de l’homme.

 

Comme l’a rappelé le gouvernement français, les voies de recours en Russie n’ont pas été épuisées et l’on peut espérer voir la Cour européenne des droits à Strasbourg rappeler la Russie au respect des principes démocratiques qui sont au fondement de cette Convention.

 

Mais Paris ne doit pas relâcher la pression sur Poutine pour qu’il fasse libérer les Pussy Riot dont nous sommes totalement solidaires.

 

Dans la ligne de l’initiative d’Amnesty international, nous appelons à signer la pétition sur le site d’Amnesty International.

Noëlle  Lenoir,  Ancien  Ministre,  Présidente  du  Cercle  des Européens

Alain Jakubowicz, Président de la LICRA

Bruno  Tertrais,  Chercheur,  Fondation  pour  la  recherche stratégique

William Bourdon, Avocat

Guillaume Klossa, Président d’EuropaNova

Francois Vlaminck, Délégué général d’EuropaNova

Martine Benayoun, Estelle Poidevin, Géraldine Lamamy, Axelle Bergeret-Cassagne, Yves Avigdor, Margie Bruna, Matilde Da Silva, Murielle Golub, Vanessa Berthomé, Julien Miro, Sophie Pouget, Valérie Depadt-Sebag, Philippe Schmidt (Le  Cercle  de  la LICRA)

 

Credit: Reuters/Tatyana Makeyeva

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