Radicalisation, théorie du complot, violence sans fin, l’école à l’épreuve des valeurs républicaines avec Hélène L’Heuillet

Une partie significative de la jeunesse contemporaine est séduite par ce que l’on nomme aujourd’hui « radicalisation ». Cette radicalisation s’accompagne la plupart du temps, d’une lecture policière de l’histoire, c’est-à-dire de la croyance en des complots agencés par une puissance dominante. La radicalité est pourtant une belle chose. Adhésion radicale à des idées radicales pour reprendre l’analyse de Gérald Bronner, elle n’est pas forcément liée à une « violence sans fin »(Gérald Bronner, La pensée extrême, Comment des hommes ordinaires deviennent des fanatiques, Paris, Puf, 2009, réed. PUF, 2016.). L’abolition de l’esclavage a requis de ses partisans de ne pas transiger (adhésion radicale) avec un objectif qui ne souffrait lui-même pas de compromis (idée radicale). Cette radicalisation n’engageait toutefois pas ses partisans dans un processus indéfini de violence. Même quand une radicalisation idéologique — par exemple celle des divers FLN des guerres de décolonisation — a fait usage de la violence, il ne s’agissait pas d’une violence sans fin, mais d’une violence « avec fin ». Plus d’infos