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PRIX JEAN PIERRE-BLOCH 2016 – 15 DECEMBRE 2016

Le 15 décembre dernier, rue de Valois, dans les salons du Ministère de la Culture, le prix Jean Pierre-Bloch a été remis au réalisateur et scénariste Radu Mihaileanu.

Créé par Martine Benayoun* il y a cinq ans, le prix Jean Pierre-Bloch est inscrit parmi les rendez-vous culturels annuels incontournables. En hommage à l’homme politique, au résistant, à l’ardent militant, au président de la Licra (1968-1993) et à l’homme féru des arts et des lettres, Jean Pierre-Bloch (1905-1999), le prix récompense « un artiste et son œuvre dans son rapport aux droits de l’homme ». Le jury, qui se compose d’une quinzaine de personnes, délibère chaque année pour récompenser un artiste issu de domaines artistiques aussi variés que la peinture, la musique, la sculpture, le cinéma, la littérature, de la danse, etc. Martine Benayoun a rencontré Jean Pierre-Bloch à son arrivée à la Licra en 1986. Véritable personnification, ce prix symbolise le lien qui relie passé, présent voire futur. En s’évertuant à garder vivace l’héritage de Jean Pierre-Bloch, Martine Benayoun contribue à la conservation et à la transmission d’une mémoire collective.

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Cérémonie au Ministère

En présence de la Ministre de la Culture, Audrey Azoulay, du président de la Licra Alain Jakubowicz, de Martine Benayoun et des membres du jury, Radu Mihaileanu a reçu son prix. Comme chaque année, le sculpteur mégevans, Pierre Margara avait spécialement créé une œuvre pour le prix. « Il le fait gracieusement pour participer au succès de ce grand projet », relate Martine Benayoun. Radu Mihaileanu s’est dit « très ému, honoré et agréablement surpris », il a ajouté : « la Licra est malheureusement plus qu’indispensable. Il est important qu’il existe encore des voix contre la haine, la bêtise et la barbarie. Nous ne devons pas nous incliner devant la peur ».

Il a remercié ensuite ses proches et plus particulièrement son père, Ion Mihaileanu** : « je pense à mon père car tout ce que j’ai accompli c’est en grande partie grâce à lui. Je prolonge ce qu’il a commencé ». Ayant réussi à s’évader d’un camp de concentration pendant la Seconde Guerre Mondiale, son père a toujours combattu la haine, le racisme, l’antisémitisme : « après la guerre le premier pays que mon père a visité c’était l’Allemagne pour se prouver que tous les allemands n’étaient pas nazis. Mon frère et moi la première langue que nous avons apprise c’était l’allemand. La démarche de mon père a été, pour moi, un véritable exemple d’antiracisme ».

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La source d’un engagement

Né à Bucarest en 1958, le réalisateur quitte la Roumanie en 1980 pour fuir le régime autocrate de Ceausescu. Il arrive en France où il fait des études de cinéma (IDHEC ancien nom de la Fémis). Radu Mihaileanu a réalisé de nombreux films qui ont reçu un bon accueil et eu un impact médiatique : Train de vie (1998), Va, vis et deviens (2005), Le Concert (2009), La Source des femmes (2010). Des films qui évoquent l’exil, l’identité, la Shoah mais aussi « la défense de la diversité et la dignité des êtres humains ». Par le biais de ses films, le cinéaste invite à la réflexion, souhaite créer dialogues et échanges. Il exprime, consciemment ou inconsciemment, à travers son art les valeurs qu’il défend.

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Le 9 novembre 2016, son dernier film, L’Histoire de l’amour, évoque l’Amour à travers deux histoires sentimentales distinctes qui vont se rejoindre : l’une qui débute dans la Pologne des années 1930, l’autre à Central Park aujourd’hui. « Mes personnages sont souvent des êtres simples, normaux qui sont bousculés par la grande histoire. Ce qui m’intéresse dans les intrigues que je développe, c’est d’observer comment la petite fourmi qu’est l’être humain se bat, fait surgir le merveilleux qui est en lui pour se remettre debout et regagner sa dignité », conclut-il. Son parcours, sa vie, ses combats ont défini l’artiste qu’il est aujourd’hui : un passeur d’Histoire.

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Article rédigé par Justine Mattioli
Journaliste, Le Droit de Vivre.

 

A voir aussi :

Le discours de Radu Mihaileanu lors de la cérémonie du Prix JPB 2016
au Ministère de la Culture : cliquez-ici
La cérémonie de 2015 en présence de François Hollande : cliquez-ici

 

 

*Martine Benayoun est avocate, vice-présidente de la Licra et présidente du Think Tank « Le Cercle de la Licra ».

** Le père du cinéaste, Mordechaï Buchman journaliste juif et communiste a été déporté pendant la Seconde Guerre Mondiale dans un camp de concentration, il s’en échappe puis change d’identité et devient Ion Mihaileanu.

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