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Dossier “Variations”

“Variations”, cinq textes d’Alain David, Professeur de philosophie, Directeur de Programmes au Collège international de philosophie, auteur de “Racisme et antisémitisme” (préface de J. Derrida).

“L’absence d’antisémitisme ne suffit nullement. Variations 1, Maurice Blanchot”. Maurice Blanchot a été compagnon d’études d’Emmanuel Levinas. Il a écrit avant guerre dans des feuilles d’extrême-droite (consentant à quelques déclarations antisémites, alors même qu’il était resté proche par la pensée de Levinas). Il a été partisan de la Révolution nationale, avant de renverser du tout au tout sa position et faire de l’antisémitisme “la faute capitale”. Il envoie à Levinas en 1969 une lettre surprenante où il déclare : “l’absence d’antisémitisme ne suffit nullement”. Cette déclaration éclaire selon Alain David, la situation de notre temps.

“L’absence d’antisémitisme ne suffit nullement. Variations 2, Jacques Derrida”. Ce texte est celui d’une conférence prononcée en septembre 2014 à l’université de Linz dans le cadre d’un colloque de commémoration des dix ans de la mort de Jacques Derrida, sur le sujet : “die Zukunft gehört den Phantomen”, l’avenir appartient aux fantômes. Il s’est agi pour Alain David d’avancer la proposition suivante : la pensée spectrale de Derrida signifie l’implication dans le champ des données culturelles d’une absence radicale par rapport à quoi la question “être ou ne pas être” est invalidée – ce que Derrida appelle aussi l’impossible. L’auteur suggère, en se référant à la formule de Blanchot, que la spectralité a la dimension de l’impossibilité de ce que Milner nomme “le nom juif”.

“L’absence d’antisémitisme ne suffit nullement. Variations 3, Heidegger”. La publication des Cahiers noirs de Heidegger confronte à davantage qu’au problème de l’antisémitisme de ce dernier. Si on admet ce que la plupart des philosophes admettent, que Heidegger est l’une des clés pour penser notre temps, il importe de confronter cette pensée à la signification de son antisémitisme, ce qui est une manière d’aborder l’étrange forme que prend l’antisémitisme qui vient : celle qu’en 1968 Maurice Blanchot, dans une lettre à son ami Levinas, avait pressentie à travers une formule extraordinaire “l’absence d’antisémitisme ne suffit nullement”.

“L’absence d’antisémitisme ne suffit nullement. Variations 4, Enseigner le génocide des Tutsi “. Que faut-il dire d’un génocide sans risquer (entre négationnisme et sacralisation) d’en trahir immédiatement la mémoire ? À quoi confronte-t-il ? L’hypothèse ici proposée est que le génocide ouvre parmi toutes nos certitudes un registre d’indécidabilité qui met ces certitudes irrémédiablement à mal, l’ouverture à un illimité par rapport à quoi le pari de l’humanité est ce qui est porté par l’indécidable du nom juif – comme tel imprédicable et en retrait selon Jean-Claude Milner. Plus qu’aucun autre le génocide des Tutsi (sur le mode de la “guerre révolutionnaire” d’une certaine doctrine militaire française, c’est-à-dire de la biopolitique au sens de Foucault) a confronté et à l’illimité et à ce pari (juif) de l’humanité.

« L’absence d’antisémitisme ne suffit nullement. Variations 5, Derrida».
Évoquer, invoquer Derrida !
Je vais donc m’efforcer de suivre la suggestion de Carlos Lobo et de Safaa Fathy, faire écho à quelques
bribes avec lesquelles, péniblement, depuis dix ans, depuis bien plus que dix ans, comme je peux, je -
“sur la descente à reculons…”

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