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2e Forum des think tanks

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  • by axelle

Le Cercle de la LICRA- Réfléchir les droits de l’Homme, participe à la 2ème édition du Forum des think tanks, samedi 19 novembre, Paris Sorbonne Centre Universitaire Malesherbes, Paris 17ème.

 

À cinq mois de l’élection présidentielle, 23 think tanks se retrouvent pour la deuxième édition de leur forum annuel. Placé sous le signe du pluralisme et de la convivialité, cet événement veut contribuer à la promotion d’un débat politique apaisé et de qualité.

 

Les participants se réunissent pour croiser leurs réflexions et confronter leurs propositions autour d’enjeux contemporains majeurs tels que la dette publique, la croissance économique, la gouvernance, l’éducation, le numérique, le lien social ou la mondialisation.

 

Le Cercle de la Licra-Réfléchir les droits de l’homme participe à la troisième table ronde (11h40-12h25), intitulée « Faire société » et animée par Cyril Adriaens (LCI ).

 

Les intervenants sont :

• Caucus des diversités en Europe, Aurélie Ganga, cofondatrice

• Cercle de la Licra-Réfléchir les droits de l’homme, Maria Giuseppina BRUNA, responsable du pôle Diversité

• La Fabrique Spinoza, Alexandre Jost, président-fondateur

 

Pour visionner une interview de Maria Guiseppina Bruna dans le cadre de ce forum..

Compte-rendu du 2e forum des think tank.

 


 

Résumer de l’intervention de Maria Giuseppina Bruna:

S’enracinant dans un patrimoine de valeurs humanistes et progressistes, le « Cercle de la Licra», think tank présidé par Martine Benayoun, Vice-Présidente de la LICRA chargée de la Culture et de la Prospective, rassemble une équipe d’experts issus du monde académique, professionnel et associatif.

 

Se proposant de contribuer à l’établissement d’une Civilisation de l’Humanitas, le Cercle de la Licra, sous l’égide de sa Présidente, questionner, reflète et réfracte la force fécondante et rassembleuse des droits de l’homme.

 

Au sein d’un think tank plaçant la symbolique égalitaire, participative et inclusive du cercle au cœur de son projet de sa philosophie, faire société se configure tout à la fois comme un défi intellectuel, un enjeu politique et une urgence citoyenne. D’où l’impératif d’interroger les conditions d’édification d’une société à la fois respectueuse de la singularité et organiquement cohésive. Ce qui implique un décentrage cognitif, un recul réflexif mais aussi une évolution perspective.

 

Ainsi, pour faire société, s’avère-t-il nécessaire de croiser trois actions complémentaires et indissolublement interdépendantes :

 

1) à l’échelle macro-sociale, dépasser la performativité normative pour réinvestir un pacte social associationniste ancré dans une philosophie implicationniste dont le plébiscite républicain serait à la fois une manifestation et une dénotation ;

 

2) au niveau méso-social, refonder un pacte d’organisation destiné à ré-instituer les entreprises et les administrations en vecteurs privilégiés de socialisation, d’intégration et d’accomplissement individuel par le travail, au travers d’un management de l’altérité à la fois responsabilisant et inclusif ;

 

3) à l’échelle individuelle, insuffler une Culture partagée de la Fraternité. Puisqu’une société ne peut être transformée par décret, par invention dogmatique imposée d’en haut sans négociation  aucune, par seule décision descente, ’instauration d’une Culture de la Fraternité est une affaire de signification individuelle et d’appropriation collective.

 

Appréhender la problématique de la sédimentation du social revient à interroger ce défi républicain, ce projet politique et cette urgence citoyenne qu’est la sédimentation, négociée et partenariale, d’une unité organique qui :

 

-  se caractérise par la diversité de ses membres, par la coprésence d’éléments hétérogènes en termes d’origines, de cultures, de nationalités, d’âges, de genre, d’appartenances et de croyances ;

 

- repose sur un tissu complexe d’interdépendances mutuelles et fonctionnelles entre ses composants, sur une communauté de valeurs et une complémentarité assumée.

 

Faire société implique de dépasser cette dialectique ancienne, cet antagonisme premier qui voudrait opposer de façon statique la diversité, perçue comme synonyme de la pluralité, et une sorte d’unité mécanique, assemblant des acteurs ressemblants selon un principe d’homophilie et d’endogamie.

 

Il s’agit là de battre en brèche les tendances assimilationnistes et réductionnistes (bâtir une société d’ipséités) pour célébrer a contrario la diversité qui entoure le monde et embrasse la vie, l’évolutivité des identités, l’efflorescence dynamique de Je(s) multiples qui se muent, s’enrichissent, se substantifient au contact de l’Autre.

 

Cela appelle à mobiliser une éthique de l’altérité ne réduisant pas l’Autre à forme « dégradée » et « corrompue » d’un modèle occidental érigé en parangon universel mais concevant la diversité comme une richesse fécondant le collectif.

 

Un tel positionnement implique, à l’échelle individuelle, de réinvestir une Culture de la Fraternité qui soit non pas l’expression d’une solidarité descente (et donc condescendante) mais bien d’une coproduction dialogique d’un référentiel commun.

 

Cela invite à dépasser, sans la renier, la fraternité restreinte (soit-elle familiale, domaniale ou nationale) au profit d’une forme non restrictive (et donc excluante) de fraternité que nous qualifierons d’humaniste. Une fraternité humaniste qui, enracinée dans les Droits de l’Homme, reconnaît dans l’Autre-que-soi un Autre-moi-même, au sens lévinassien, vis-à-vis duquel le Je est infiniment responsable.

 

À l’échelle méso-sociale, faire société implique de ré-instituer les entreprises et les administrations en acteurs majeurs de transformation des sociétés et d’intégration sociale par l’économique.

 

Bâtir l’unité organique d’une entreprise respectueuse des singularités et soucieuse de la cohésion de ses équipes nécessité d’un changement de paradigme destiné à appréhender la diversification comme  le fruit de processus sociaux, politiques et économiques connaturels à la modernité.

 

Accroissement de la mobilité des hommes et des capitaux, mondialisation des échanges, accentuation des flux migratoires intra et inter-nationaux, réduction du délai temporel de la distance spatiale, émergence de nouvelles revendications catégorielles ou communautaires: tantôt endogènes, tantôt exogènes aux organisations, ces phénomènes socio-économiques concourent à dessiner les frontières d’un monde mouvant aux sub-entités simultanément de plus en plus hétérogènes et interdépendantes.

 

Là où la diversification du corps social français est une réalité démographique indéniable, transmuer la diversité des équipes en levier de performance économique implique de prendre le temps d’accompagner ce changement perspectif et processuel, de ressouder l’organisation autour d’une culture d’organisation inclusive, d’un partage axiologique, normatif et réglementaire, d’un mode de management responsable et d’un leadership transformatif doublement consacré par la hiérarchie et par la base, à la fois top-down et bottom-up.

 

A l’échelle macro-sociale, il s’agit là de refonder le pacte politique autour d’un plébiscite démocratique revivifié tout en redonnant force et voix au milieu associatif en tant que moyen pour les acteurs de se rassembler et de nourrir par le pluralisme la pensée collective.

 

Un pacte républicain associationniste qui, sur les pas de l’associationnisme coopératif maussien, permette de ressouder le collectif en valorisant ses composantes agrégatives, de ré-enchanter la République par un bouquet d’individualités fraternelles, de magnifier l’Universel en sublimant le Singulier.

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